Le développement de Poitiers affecte un territoire élargi, et la ville se trouve au centre d’une étoile de vallées qui nécessite une approche spécifique quant aux futurs modes de relation des tissus urbains et des pratiques des habitants (promenades, loisirs…). Le phénomène est particulièrement sensible en rive droite du Clain vers l’aval. Au-delà d’une mise en cohérence nécessaire des politiques d’urbanisme, d’environnement et de tourisme (des communes) à l’échelle de l’agglomération de Poitiers, une étude soigneuse des paysages et la mise en place de mesures de planification, d’aménagement et de gestion appropriées aux évolutions en cours et ultérieures est très souhaitable. En tant que paysage particulièrement emblématique et sensible de la région, chaque vallée justifierait un plan de paysage, consécutif à un diagnostic, élaboré sur les pistes suivantes. La situation de la plupart des localités dans un site de vallée milite pour une approche paysagère sérieuse du développement urbain et sa traduction dans les documents d’urbanisme, notamment sur les questions :- du rapport du front urbain et des parcours dans le fond de vallée (mitage et privatisation du fond de vallée),
Aborder les paysages de vallée site par site, y compris de petites scènes. Par exemple :- les tronçons au droit des franchissements routiers (aménagement de « scènes paysagères » autorisant une vision globale, par exemple),- le patrimoine (les fabriques) et son environnement paysager peuvent être abordés ensemble : restauration du patrimoine (pont, moulin, digue…) et mise en scène concomitante de ses relations avec le paysage de vallée : dégagement de fenêtres, position de points de vue…- le contact de la vallée avec les agglomérations : promenades publiques, dégagements visuels sur les belles scènes, aménagements d’intégration des éléments nouveaux, composition paysagère des lieux de loisir (campings, sites de pêche)…
La valeur potentielle paysagère et botanique peut motiver une gestion de sols dégagés, de prairies de fonds et de coteaux. La pertinence de la subvention accordée aux plantations de peupliers dans certains secteurs est à étudier de près, voire au cas par cas. La question de l’entretien des berges et des haies de berges et de bas de coteaux pose le problème de la valeur collective du cours d’eau : les propriétaires privés ont beaucoup de mal à assurer ces charges de gestion. La collectivité identifie néanmoins le besoin et y répond par exemple par le biais de brigades vertes. Néanmoins, un plan de gestion global de ce patrimoine pourrait faciliter les choses.
Outside architectes-paysagistes, Michel COLLIN, Catherine AUBEL, Caroline BIGOT, paysagistes dplg Conservatoire d’espaces naturels de Poitou-Charentes, Jean-Philippe MINIER, paysagiste dplg