Le regroupement des zones agglomérées et la continuité des espaces agricoles nécessitent une attention particulière de tous les documents de planification territoriale (SDAU, POS, MARNU), par une définition stricte des zones agglomérées. Les limites doivent être très nettement fixées, appuyées sur les éléments naturels (cours d’eau, reliefs, forêts…) ou liées aux infrastructures, comme les voies de contournement. Les ceintures des agglomérations, et surtout les franges nouvelles, appellent des traitements spécifiques : des transitions peuvent être assurées, y compris dans la problématique des entrées de ville, à l’aide du vocabulaire des jardins, promenades, bosquets, vergers, haies, terrains de sport… Le travail en cours au sein du schéma directeur de La Rochelle doit permettre de rechercher l’équilibre entre les paysages agricoles et les développements urbains, de maintenir des coupures d’urbanisation où la plaine respire , et surtout d’identifier les limites, à traiter spécifiquement, entre ces deux termes. La qualité des coupures d’urbanisation et des limites est aussi valable pour les petites localités.
Châteaux d’eau, silos, hangars, pylônes, talus des retenues d’eau : la plaine rend très visibles ces objets qui apparaissent à l’horizon. Ils sont plus que d’autres sensibles à la qualité de leur inscription dans le paysage. Situation, orientation, volume, matières, couleurs…appellent un traitement soigné en relation avec le site, un projet architectural et paysager très attentivement conçu et instruit.
Les routes jouent un rôle primordial dans la lecture des paysages. Dans le cas des plaines de grande culture, les alignements représentent un motif de mise en scène très valable des grands dégagements. On peut envisager des plans départementaux visant à mettre en place les alignements en plaine, en commençant par exemple par les parcours touristiques les plus fréquentés. Des schémas directeurs paysagers de parcours peuvent orienter l’aménagement et l’entretien des bords de route dans l’objectif de lisibilité des paysages, ayant pour objet de :
1. favoriser les alignements plutôt que les écrans opaques ponctuels,
2. traiter spécifiquement les événements paysagers des parcours, en particulier les points suivants :
Les routes nouvelles et, plus généralement, tout projet de modification du territoire, nécessitent aujourd’hui une composition avec le paysage touchant le tracé, le profil en long, en travers, la mise en scène des bords de routes, dans l’optique de lisibilité. L’intervention des paysagistes lors de l’élaboration des projets doit se développer, ainsi que la mise en place progressive d’une culture des aspects paysagers des opérations d’aménagement.
Les paysages régionaux tiennent à la qualité des enchaînements entre le plaine d’Aunis et la côte, où l’on doit trouver une continuité de campagne jusqu’aux falaises de l’Aunis, sans coupure. Le contraste avec les marais desséchés tient à la mise en scène des falaises mortes, mais serait aussi renforcé par une évolution de l’agriculture des marais, moins semblable à celle des plaines, et renouant avec la présence des prairies.Conservatoire d’espaces naturels de Poitou-Charentes – Outside architectes-paysagistes – octobre 1999