Le secteur de paysage considéré comprend la vallée du Thouet et l’ensemble de ses affluents (Argenton, Ouère, Thouaret). Situé sur un épisode marqué du cours du Ton, le site de Bressuires entre dans cette catégorie paysagère.
Les vallées s’inscrivent au sein de deux types de paysages qu’elles viennent nervurer : le Bocage bressuirais et la Gâtine en amont, la plaine de Thouars en aval. Les modes de relation et le degré de contraste entre la vallée et son environnement diffèrent selon les séquences. Dans le bocage, les parties amont s’inscrivent dans un socle globalement vallonné selon de nombreux ruisseaux. Par les découpes dans la roche, les vallées principales marquent peu à peu leur cours avec plus d’intensité. Sur les contreforts du Bocage, alors que le relief général s’apaise, la nervuration plus forte des vallées instaure un contraste plus marqué. Le contraste s’accentue ensuite dans les calcaires de la plaine : entre Airvault et Thouars, au relief marqué s’ajoute la présence de boisements en rebord. En aval, les vallées tendent davantage à se fondre dans le paysage jusqu’à ne plus constituer aussi fortement de paysage spécifique. Avec les contrastes parfois très forts qu’elles engendrent, et bien que les surfaces qu’elles occupent soient minoritaires, les vallées jouent ici pour les territoires qu’elles traversent, un rôle d’effigie paysagère. Elles jouent en quelque sorte pour les paysages, et à l’échelle des pays, un rôle comparable à celui des monuments, pour les villes.
Il s’agit probablement de l’élément le plus déterminant de la perception et de la présence sensible de ces paysages. Paradoxalement, aucun parcours routier ne permet de suivre de manière un peu continue le cours de ces rivières. Seuls quelques tronçons de petites routes suivent le trajet de l’eau. Le réseau emprunte en effet de préférence les crêtes, voire le plateau plus en profondeur, en suivant le dessin de la vallée mais sans y plonger. Les rencontres se situent surtout aux franchissement, sans que ceux-ci n’occasionnent de véritables perceptions des vallées tant est présente la végétation. C’est malheureusement seulement à l’approche des agglomérations, là où les paysages naturels des vallées sont touchés par des développements urbains périphériques, que ces situations se présentent le plus. Dans les agglomérations elles-mêmes en revanche, de véritables paysages urbains associant la rivière, et souvent le relief, sont offerts aux regards. En ce qui concerne les chemins, le chemin de grande randonnée (GR36) permet de suivre à pied le cours du Thouet depuis Gourgé jusqu’à la frontière régionale. Les randonneurs ont ainsi l’expérience sensible de la vallée en continu, comme une entité et non comme une série de petites scènes. D’une certaine manière, il contribue à donner au Thouet « une existence paysagère » dont ne dispose pas par exemple aussi clairement l’Argenton.
Malgré le potentiel occasionné par le relief, les points de vue sont rares, et restent limités à de petites scènes. Même le cirque de Missé reste difficile à identifier dans son ensemble, tant la position relative des chemins et des écrans visuels limite les possibilités de regard.