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LA DYNAMIQUE DU TERRITOIRE :
HISTOIRE DE L’OCCUPATION DU SOL

Histoire de l’industrie et des services

Commencée peut-être avec les Romains, qui nous en auraient apporté la technique, l’exploitation des marais salants a trouvé son apogée aux XVe et XVIe siècles. La production du sel est à l’origine de la constitution du paysage du marais, du développement du port de Brouage et de son essor économique. L’emplacement des exploitations a évolué au fur et à mesure de l’envasement du marais : les premières (XIe et XIIe siècles) étaient situées en bordure des coteaux, les dernières (XVIIIe et début XIXe siècles) à proximité des chenaux de marée encadrant le Havre de Brouage. Leur forme et leur taille ont également évolué au cours des siècles, et sont caractéristiques de l’époque à laquelle elles ont été créées. Le dernier saunier a cessé son activité en 1955.

Histoire de l’agriculture

Certains espaces du marais ont toujours été voués à l’agriculture ou à l’élevage  : il en est ainsi des marais plats (marais doux et sartières). Les sauniers cultivaient les bossis, levées de terres séparant les différents bassins dont ils avaient la charge. Le processus de drainage des terres du marais semble avoir commencé au fur et à mesure de l’abandon des anciennes salines : certains marais gâts ont alors été vraisemblablement desséchés, nivelés, et transformés en prairie ou en terres de culture. A la fin du XIXe siècle, l’exploitation salicole moribonde laisse place peu à peu à l’ostréiculture : les claires sont des " claires de substitution " de l’activité salicole dans les bassins d’anciens marais salants. Après la seconde Guerre mondiale, le marais de Brouage (comme celui de Rochefort) a constitué un vaste espace de pacage pour bovins. Depuis les années 60, l’évolution des connaissances en matière de drainage et d’amendement des sols a rendu possible la mise en culture de terres théoriquement peu propices (bris anciens). C’est alors la facilité d’accès aux parcelles qui devient déterminante pour les projets de mise en culture. Ces évolutions techniques, liées à l’évolution du contexte économique européen, contribuent conjointement au glissement de l’activité agricole du marais de l’élevage extensif à la céréaliculture intensive. Le développement de la conchyliculture a pris son véritable essor dans les années 1970, le contexte économique poussant les exploitants à accroître leur production pour en élargir la diffusion.

Histoire de l’urbanisation

La plus ancienne mention de Broue remonte aux alentours de 1040. Un port se tenait au pied du promontoire, à l’extrémité duquel se dresse le donjon féodal, dont la construction remonterait au XIIe siècle. En 1555, Jacques de Pons, Seigneur d’Hiers, décide de créer une place de commerce pour prendre la suite de Broue, que l’envasement isolait de l’océan. Brouage était née, marquant une nouvelle étape dans le recul du rivage, et dans l’évolution des besoins et des principes de défense (cf. N.FAUCHERRE). Port de commerce, elle devient également port militaire, rivale de La Rochelle lors des Guerres de Religion. La forme actuelle de la forteresse est due à l’ingénieur d’Argencourt, qui la reconstruisit sur une décision prise par Richelieu en 1626. Son déclin suivra celui de l’économie du sel. L’envasement du Havre de Brouage, puis la création du port de Rochefort en 1666, porteront le coup de grâce à la prospérité de la citadelle. Au temps où les ramifications du havre principal étaient encore navigables, des ports existaient au pied des coteaux, dont seuls des lieux-dits suggèrent aujourd’hui l’existence.

Histoire des échanges et du commerce

Elle est liée essentiellement à l’économie du sel, avec laquelle elle a connu son apogée. A la fin du Moyen Age, les salines de Saintonge étaient en pleine activité, et les pays nord de l’Europe venaient s’approvisionner au port de Brouage. Avec le déclin de la production de sel, et l’envasement du Havre, les navires de commerce s’éloignent peu à peu de ce port, qui par ailleurs, n’est l’aboutissement d’aucune voie commerciale terrestre ou fluviale. L’élevage et la conchyliculture, qui ont remplacé la production du sel à Brouage, n’ont pas acquis, à ce jour, une reconnaissance économique comparable.

Histoire du tourisme

Au XIXe siècle, le marais avait encore l’image d’un milieu insalubre et hostile, et la citadelle celle d’un " village malsain ", " avec ses ruines du temps des Guerres de Religion, ses maisons basses blanchies comme des sépulcres " (V.HUGO  : Voyage aux Pyrénées, 1843). Amorcé sans doute par le classement de la citadelle de Brouage en 1886, l’attrait touristique du site se développe depuis quelques années, activé par l’intérêt croissant pour le tourisme culturel et pour l’écologie des milieux humides. L’opération Grand Site National, lancée en 1989, va dans le sens d’une promotion touristique de la citadelle de Brouage et du marais qui l’entoure.

Histoire des infrastructures

La première génération d’infrastructures est intimement liée à la production du sel : celle-ci fut à l’origine de l’organisation du réseau hydrographique, et du réseau particulier de taillées et chemins. Longtemps, le manque de routes aisément praticables sera un handicap pour le développement économique du marais. C’est le réseau hydrographique qui, tant qu’il sera navigable, palliera en partie ce manque. La deuxième génération d’infrastructures est celle des grands travaux réalisés à partir de la fin du XVIIIe siècle. Elle est le fruit d’une autre problématique : celle de l’assainissement du marais. Il s’agit des canaux larges et rectilignes de Broue, de Saint-Agnant, de la Seudre à la Charente. Ils ouvrent le marais sur l’extérieur, en le mettant en relation avec les vallées voisines. Parallèlement aux grands travaux d’assainissement, les travaux de voirie ont obéi à de nouveaux impératifs, empruntant le plus court chemin d’un point à un autre, indépendamment du réseau hydrographique originel et des prises de marais. Cette même logique a présidé, avec plus ou moins de brutalité, à l’installation des routes départementales D18, D123 et D733.




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Rédacteur en chef : Patricia BUSSEROLLE
Conservatoire d'espaces naturels de Poitou-Charentes
Réalisation Technique : Observatoire de l'environnement Poitou-Charentes
Membre actif du RPAPN : http://www.biodiversite-poitou-charentes.org/
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