Ce bocage particulièrement dense couvre actuellement un faible territoire alors qu’auparavant, il constituait de vastes étendues. Il est la trace d’anciennes pratiques agricoles et d’un mode de vie différent. Le paysage des communes de Bougon, Avon et Exoudun a été comme figé dans le temps depuis les années 1950 (le site aurait été acquis par les militaires en 1956). Le proche secteur des prairies de la Fosse Ronde - Champs-pourris (hors terrain militaire) conserve également un maillage bocager encore bien présent malgré les Aménagements Fonciers de 1998. En revanche, pour le reste des abords, les parcelles ont été remembrées et le paysage a considérablement changé. Le terrain militaire d’Avon, suite à une gestion agricole particulière par pâturage et fauche, possède une flore et une faune très riches. Il n’est pas accessible au public et donc, cette fiche a été élaborée à partir de diverses études, articles dans la presse, de la carte IGN au 1/25 000° et d’une photo aérienne.
Recueillis dans des documents forts divers (écrits, dessins, peintures, photographies...), les « éléments d’anticipation » synthétisent les descriptions faites d’un territoire. Ils revêtent un rôle primordial dans le domaine du paysage puisqu’ils agissent en tant que filtres (préalables) à notre perception collective. Selon leur nature, selon l’absence ou la force des « modèles » qu’ils véhiculent, selon l’étendue de leur diffusion, ils modulent sensiblement notre perception du paysage.Pour décrire la France, P. Vidal de la Blache, appelant les traits de contraste les plus vifs, inscrit dans l’imaginaire collectif la différenciation capitale entre les bocages et les campagnes. Relayé par les cours de géographie de l’école, le constat fonde un des schémas d’identification les plus puissants qui nous aident à percevoir les paysages : le bocage constitue, dans nos esprits, un type extrêmement fort, qui donne un lien aux éléments que nous percevons. Au cours des travaux d’inventaire, les représentations picturales ou photographiques se sont avérées peu nombreuses. Il est vrai que le paysage bocager ne présente pas facilement de vue d’ensemble, sinon en avion ou du haut des châteaux d’eau (c’est d’ailleurs le cas des rares photos apparaissant dans les guides touristiques et géographiques), et se goûte de préférence lors de déplacements. Il n’en reste pas moins vrai que le bocage, dans l’imaginaire, condense une idée de campagne pastorale, arborée, variée, calme, authentique, dont les représentations mentales sont moins le fait de paysages grandioses, que de petites scènes au sein desquelles les arbres, les prés, les animaux, composent un cadre accueillant, plaisant, frais.