Les landes de Sainte-Marie forment avec le terrain militaire de Montmorillon le plus important massif de brandes du montmorillonnais regroupant ainsi près de 1200 ha de landes.
Localisées sur les sols les plus ingrats pour l’agriculture, les brandes n’étaient pas pour autant exclues des systèmes agro-pastoraux. Elles occupaient même une place de premier ordre dans l’économie, le folklore et l’imaginaire locaux.

LA LETTRE DU CONSERVATOIRE - juin 2006
Les landes de Sainte-Marie (Vienne)
Les landes de Sainte-Marie forment avec le terrain militaire de Montmorillon le plus important massif de brandes du montmorillonnais regroupant ainsi près de 1200 ha de landes.
Localisées sur les sols les plus ingrats pour l’agriculture, les brandes n’étaient pas pour autant exclues des systèmes agro-pastoraux. Elles occupaient même une place de premier ordre dans l’économie, le folklore et l’imaginaire locaux.
ÉDITO
Les Brandes de La Lande et de Sainte-Marie sont devenues, depuis une dizaine d’années environ, un des lieux de loisir préféré des Montmorillonais et des vacanciers. De nombreuses activités à caractère mécanique s’y sont développées de manière anarchique, au gré des opportunités et des demandes des habitants de Montmorillon et des alentours. Bref, la nature n’en peut plus...., il était grand temps de canaliser et de maîtriser toutes ces activités, pour stopper la dégradation du milieu naturel qu’elles entraînent.
Dans ces brandes, je possède et gère en concertation avec le CREN environ 76 Ha, en poursuivant 3 objectifs :
Inventorier : connaître la faune et la flore, par les recensements effectués sur le terrain et les informations scientifiques fournies par les techniciens du CREN.
Planifier : par la mise en place progressive d’un plan de gestion par zones homogènes (brandes, bois) avec l’aide du CREN.
Faire connaître : en développant des activités autres que la chasse, tout en étant sûr que toutes les qualités de cet espace soient conservées.
Les premiers bénéfices de cette gestion concertée avec le CREN ont été ressentis au niveau des relations entre les membres de l’association de chasse qui se sentent responsables de la bonne gestion de la faune et de l’environnement (le tir à l’arc a été récemment introduit) et les organismes tels la LPO qui est maintenant bien acceptée.
M. H. De Lalande
L’intervention du Conservatoire
Depuis 2001, le Conservatoire d’espaces naturels de Poitou-Charentes et l’ensemble de ses partenaires s’impliquent dans la préservation des derniers espaces de brandes du Poitou-Charentes. En partenariat avec des propriétaires privés, 85 hectares sont gérés au profit de paysages originaux, uniques et insolites mais également pour la faune et la flore spécifiques à ces milieux de landes.

Je te fauche,tu me brûles,il me coupe... nous gérons !!!
A partir des techniques séculaires d’entretien des landes, le Conservatoire met en œuvre la restauration de ces habitats vieillissants. En effet, depuis plusieurs décennies, ils sont, pour la plupart, laissés à leur libre évolution et les boisements les conquièrent peu à peu.
Les principales techniques de rajeunissement des landes sont le broyage et la fauche avec exportation, le brûlis dirigé et le pâturage. Elles sont choisies selon le degré de boisement, la topographie et le type de landes présents sur les parcelles.
En octobre-novembre 2006 aura lieu le second brûlis dirigé pour le site, en partenariat avec GEREPI et le SDIS* de la Vienne.
La Bruyère à balais mais également à...
La brande à balais a de multiples usages, en plus de fournir le gîte et le couvert à la faune. La plante a longtemps servi à réaliser des couvertures pour le petit bâti d’élevage, des drains agricoles de faible profondeur et de combustible pour « enchauffer » les fours à pain.

Dans les temps difficiles, elle servait de litière alors que la paille était consommée par les animaux. Aujourd’hui, l’usage le plus connu est la réalisation de palissades pour les équipements touristiques et individuels. Depuis peu, elle est valorisée comme filtre biologique des fumées d’usines d’équarrissage, utilisation rendue possible grâce à ses puissants esthers qui captent les molécules aromatiques.
Un patrimoine naturel d’une incroyable richesse
De formes et de tailles multiples, les bruyères sont les occupantes du lieu aux cotés des Ajoncs nain et d’Europe. De la Bruyère à balais appelée localement « brande » à la Bruyère cendrée ou à la Callune... il faudra ouvrir vos yeux pour les différencier dans l’incroyable mélange qu’elles forment.
Le terme générique de « landes » regroupe différents types de formations végétales caractérisées par l’espèce dominante de bruyère ou d’ajonc. La lande humide est dominée par la Bruyère à quatre angles, la lande mésophile par la Bruyère à balai et les landes sèches par la Callune et/ou la Bruyère cendrée. Les espèces s’adaptent au type de sol et à ses conditions hydriques et forment ainsi des habitats originaux.
Dans les layons de circulation créés par les chasseurs ou les agriculteurs, une flore originale se développe profitant de l’effet enveloppant des brandes : le rare Glaïeul d’Illyrie, le Phalangère à fleurs de Lys sont parmi les hôtes les plus remarquables des pelouses à Nard.

Les landes de Sainte-Marie sont également reconnues pour être un des hauts lieux de la reproduction des grands cervidés et des sangliers du massif cynégétique n°9. Il n’est pas rare d’y croiser une biche accompagnée de son faon au détour d’un layon ou d’y entendre le brame du cerf en début d’automne.
Un plan de gestion concertée en cours d’élaboration
A partir des pratiques ancestrales, mais également sur la base de la gestion réalisée par les différents intervenants du site (propriétaires, agriculteurs, chasseurs, ...), Mlle Audrey Soubiran, stagiaire au Conservatoire, se propose, au cours de sa formation, de réaliser le plan de gestion concerté de ce site exceptionnel.
Celui-ci consiste à la rédaction d’un document d’actions et de gestion concertée qui permettra d’orienter et de planifier la gestion du massif sur 15 ans afin de conserver ce patrimoine naturel. Ce travail, en cours d’élaboration, est actuellement dans la phase de cartographie des habitats, de la flore et de la faune, qui servira de base à la réflexion sur le site. Afin de connaître les actions passées et les attentes de chacun, des rencontres avec les propriétaires et acteurs locaux seront effectuées et permettront d’établir les objectifs et les modalités de gestion.


